


Ghana-Luxembourg Social Trust
 Armand DREWS, Chef de projet GLST |
Le projet
Ghana-Luxembourg Social Trust, développé par l'
Organisation Internationale du Travail (
OIT/ILO ) et mis en oeuvre conjointement par l'ONG
OGBL Solidarité Syndicale et l'OIT, est un « Conditional Cash Benefit Program ». Un tel programme transfère une aide à des personnes démunies qui en contrepartie doivent remplir certaines conditions.
Le choix de réaliser un « Conditional Cash Benefit Program » s'explique par le fait qu'un tel programme ne s'obstine pas à verser de l'argent à des personnes afin de pallier à un problème ponctuel, comme par exemple une mauvaise récolte due à des effets météorologiques (sécheresse, inondations) ou autres évènements catastrophiques. Ne nous comprenez pas mal, il est impératif d'aider les populations confrontées à de telles catastrophes.
Cependant notre projet s'inscrit dans une perspective de durabilité qui vise à améliorer la santé, la nutrition et l'éducation de nos bénéficiaires et de leurs enfants. De ce fait nous espérons réduire la mortalité infantile, qui est selon les dernières études de 118 sur 1000 naissances au Ghana. Les principales causes de mortalité infantile est la malaria (paludisme), les infections respiratoires, la diarrhée, la malnutrition et la rougeole. Selon une enquête récente sur 1000 enfants une proportion de 53,10% a été testé positif au parasite du paludisme.
 Samira Khayati, Coopérante de l'ONG, Accra, Ghana  |
Notre projet est un projet pilote ciblant 700 femmes enceintes les plus démunies du district de Dangme West à l'ouest de la capitale Accra. Ce district à environ la taille du Luxembourg, mais avec seulement quelques routes goudronnées. Le but sera de motiver le gouvernement du Ghana à poursuivre le programme et de l'étendre à l'échelle nationale. A cette fin seront effectués trois études démographiques, au début du projet, en 2010 et en 2014 afin de documenter l'évolution de la santé et de l'hygiène de vie des bénéficiaires en comparaison avec un groupe contrôle présentant les mêmes particularités que nos bénéficiaires, mais n'étant pas inclues dans notre programme.
Le partenaire principal au Ghana est le Ministry of Employment and Social Welfare à travers son programme LEAP (
Livelihood Empowerment against Poverty), un programme destiné à donner une aide financière aux plus démunis (entre 4 et 7,5 Euro par mois).
Notre programme suivra le mécanisme de sélection et de distribution LEAP, ceci afin de garantir une réplication à l'échelle nationale après la fin de notre programme.
 Vava Ama Mortey, National project coordinator, Accra, Ghana |
Un montant de 7,5 Euro peut paraître peu, mais sachant qu'une grande partie de la population rurale a moins de un dollar par jour pour vivre cela constitue une aide non-négligeable pour nos bénéficiaires. Afin de garantir une bonne utilisation de cette aide nous effectuerons tout au long de ce projet une campagne d'éducation. Nous mettrons l'accent sur la nécessité d'une bonne nutrition, les avantages d'une assurance maladie et de recourir aux soins de santé professionnels (beaucoup de personnes ont encore recours à des guérisseurs traditionnels), aux méfaits du travail infantile et le bien fondé d'envoyer les enfants à l'école entre autres. Ces campagnes d'éducation ne bénéficieront pas seulement à nos bénéficiaires, mais à toute la population.
Il sera donc versé aux bénéficiaires un montant mensuel de 7,5 Euro sous condition qu'ils se soumettent à différentes conditions qui sont les suivantes :
- Inscription de tous les membres du ménage à l'assurance maladie
- obtenir des soins prénatals pour la mère et l'enfant
- obtenir l'assistance de personnel professionnel pour l'accouchement
- inscription des naissances (ce qui n'est pas la règle au Ghana)
- obtenir un niveau de soins post-natal pour la mère et l'enfant
- compléter les examens médicaux (Selon la liste des vaccinations essentielles : 6, 10, 14 semaines et 9 mois après la naissance et ensuite des examens et le traitement de complément de Vitamine A au moins deux fois par année) pour chaque enfant de la famille jusqu'à l'âge de cinq ans
- envoyer les enfants à l'école et ne pas ne pas les aller faire travailler (ce qui est malheureusement assez courant au Ghana)
Un des corollaires de ce programme est d'aider les bénéficiaires à sortir du cercle vicieux de pauvreté en augmentant leur état de santé et en améliorant l'éducation des enfants.
Afin de réaliser ce projet ambitieux il a été décidé d'envoyer un coopérant au Ghana afin de mettre en oeuvre ce projet, de veiller à une bonne utilisation des moyens financiers récoltés auprès de nos membres et de garder un contact permanent avec les responsables de notre ONG.
Les différentes étapes du projet réalisées à ce jour, ont été une vaste campagne de sensibilisation, l'identification des bénéficiaires potentiels, le lancement de la campagne d'éducation et les pourparlers avec les différents intervenants dans ce projet, à savoir les responsables pourvoyeurs de service de santé (maternité, Health Center), le Health and Research Center (responsable pour les études statistiques), la caisse de maladie, etc. La campagne d'identification des bénéficiaires à réussi à capter 852 bénéficiaires potentiels, à l'aide d'un questionnaire qu'utilise le programme LEAP du Social Welfare. Les questions de ce questionnaire portent sur les revenus et les conditions de vie des ménages, par exemple ont-ils accès à de l'eau potable, à l'électricité, avec quel matériel est construit leur habitation (terre cuite, paille, etc.), ont-ils des revenus réguliers etc.
Afin de sélectionner nos 700 bénéficiaires il a été procédé à un « poverty ranking » pour pouvoir identifier les plus pauvres.
Nous avons maintenant procédé au premier paiement des primes. Pendant ce paiement nous contrôlons l'observation des conditions requises à l'aide d'un carnet reprenant toute les conditions que nous avons mises en oeuvre et lequel sera rempli au fur et à mesure par les infirmières et/ou femmes sages. D'autre part nous profitons de l'occasion du rassemblement de la population à l'occasion du paiement de conduire une séance d'information et d'éducation.
Les prochaines étapes seront maintenant de suivre les personnes qui ont des difficultés à remplir les conditions, de poursuivre et d'étendre la campagne d'éducation et de veiller en général.
A l'occasion de la fête du travail organisée le 1er mai par l'OGBL, le projet Ghana sera présent avec un stand d'information. Sur ce stand sera présent notre coopérant de même que l'assistante sociale que nous avons engagée au Ghana ainsi qu'un expert en Sécurité Sociale du Ghana.
Arsène Engel (coopérant au Ghana 2009-2011), 23 mars 2010
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ordre de domiciliation afférent.
Michael CICHON
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L'Organisation internationale du travail (OIT) est l'agence tripartite de l'ONU qui rassemble gouvernements, employeurs et travailleurs de ses Etats membres dans une action commune pour promouvoir le travail décent à travers le monde.
site internet OIT/ILO


Discours Michael CICHON* au 6e Congrès OGBL le 4 décembre 2009
Meine sehr geehrten Damen und Herren,
liebe Freunde und Kollegen,
zu allerest möchte Ich mich für diese Einladung bedanken.
Es ist eine ausgezeichnete Gelegenheit mich im Namen der Internationalen Arbeitsorganisation und Ihres Generaldirektors Juan Somavia für die beispiellose Unterstütztung, die die Organisation durch den OGBL erfährt, zu bedanken. Unsere Zusammenarbeit ist gegenseitig und hat eine jahrzehntelange Tradition. Die Experten des OGBL- L arbeiten seit Jahren in den Ausschüssen der Internationalen Arbeitskonferenz und anderen Expertengremien der ILO mit grosser Kontinuität, Kompetenz und Konsequenz mit. Wir haben auch im Rahmen unserer Beratungstätigkeiten für Luxembourg, sei es bei Aktuarischen Gutachten für das Rentensystem oder bei der Analyse des Sozialbudgets immer von der Expertise der OGBL Vertreter in den Steuerungsgruppen der Projekte profitieren können.
Ich will dabei nicht verschweigen, dass wir uns nicht immer so ganz einig waren. Die Vorschläge des BIT z.B. zur Konsolidierung der Rentenfinanzierung am Anfang des Jahrzehnts, wurden von René Pizzaferri und seinen Kollegen, bei den Diskussionen am Rententisch - mit der Ihnen eigenen Eleganz - gleich wieder von diesem Tisch genommen.
Dies war jedoch eine der wenigen Ausnahmen, in denen sich die sozialpolitischen Standpunkte des OGBL und des BIT nicht zu 100 % deckten. Luxembourg ist ein Modell für Arbeitnehmerrechte, Sicherheit am Arbeitsplatz, konstruktiven Sozialen Dialog, ein Model für effektive Soziale Sicherheit; oder mit anderen Worten ein gelebtes reales Beispiel für den Erfolg einer konsequenten Decent Work Politik. Ein solches Model kann ohne den konstruktiven gestalterischen Beitrag der Gewerkschaften nicht erfolgreich sein.
Wir schätzen den OGBL, seine Rolle in der ILO , aber auch die wichtige Rolle die der OGBL bei der Verteidigung und Stärkung des Europäischen Sozialmodels in Europa und weltweit spielt. Die dreiparteiliche soziale Kultur in Luxembourg bei der Gestaltung und Verwaltung der Sozialen Sicherheit ist beispiellos und ein Garant die Stabilität des Systems. In den kommenden Jahren brauchen wir Organisationen wie den OGBL dringender denn je.
Und das aus zwei Gründen.
Zunächst, um das Europäsche Sozialmodel in der industrialisierten Welt zu verteidigen. Wir brauchen die Gewerkschaften, um die Gesellschaften permanent daran zu erinnern, dass ohne funktionierende soziale Leistungssysteme Arbeit und Leben in Würde und ohne lähmende Existenzangst nicht möglich ist. Wir brauchen die Arbeitnehmer, um die Gesellschaft daran zu erinnern, dass ohne Sozial Sicherheit stabiles nachhaltiges Wirtschaften schlicht nicht möglich ist. Nach Jahren der oft harschen Kritik am Europäischem Modell des Sozialstaates, hat die Soziale Sicherheit in der Krise neue Freunde gefunden. Ihre Rolle als sozialer und ökonomischer Stabilisator wird allseits anerkannt.
Auch von Leuten deren Stimme man früher in diesem Chor nicht gehört hat. Doch neue politische Gefahren für die Sozialen Sicherheitssyteme werden zu dem Zeitpunkt kommen, wenn die Krise für beendet erklärt werden wird, auch wenn wir damit rechnen müssen, dass die Auswirkungen am Arbeitsmarkt noch Jahre spürbar sein werden. Wann immer die Finanzwelt, die Krise für beendet erklärt, werden Rufe laut werden, die sagen, dass man zur Finanzierung von krisenbedingten Stüzungsausgaben nunmehr die Staats- und öffentlichen Ausgaben senken müsse. Und die grössten Ausgabenblöcke in allen Europäischen Staatshaushalten sind nun mal Sozialausgaben. Wenn wir nicht aufpassen, dann werden die, die in unseren Gesellschaften durch ihre Steuern die Stabilisirung von Banken und Unternehmen ermöglicht haben, noch ein zweites Mal zahlen müssen, diesmal mit dem Verlust an Sozialer Sicherheit.
Vorsicht ist geboten. Wer, wenn nicht Organisationen wie der OGBL kann und wird den Ausgabenbedarf der Sozialen Sicherheistsysteme in den politischen Verteilungdebatten verteidigen?
Aber wir brauchen den OGBL auch aus einem zweiten strategischen Grund. Die Prinzipien der Sozialen Sicherheit werden nicht nur im Norden verteidigt. Sie müssen auch im Süden verteidigt werden. Es ist unsere moralische und ethische Pflicht , unsere Erfahrungen - die guten wie die schlechten - und unser Wissen über die gesellschaftsbildende Rolle von Sozialsystemen früh weiterzugeben. Soziale Sicherheit rettet Leben.
In unserer globalisierten Welt liegt es auch im ureigensten Interesse der entwickelten Gesellschaften unseren Wohfahrtsstaat nicht durch menschenverachtende und ausbeuterische Gegemodelle in Frage stellen zu lassen.
Solche Modelle werden auf den Rücken aller Arbeitnehmer und ihrer Familien, der er in den Industrieländern, aber zu allererst der in Entwicklungsländern finanziert.
Die Internationale Arbeitsorganisation kann helfen, dies auf der Makroebene durch internationale Sozialstandards zu unterstützen, und tut das auch.
Aber wir können auch gemeinsam konkrete Dinge tun. Und wir tun das bereits. Der OGBL, durch die NGO Solidarité Syndicale, ist weltweit die erste Gewerkschaft, die das BIT bei einem ganz konkreten Projekt der Sozialen Sicherheit unterstützt.
Dies ist echte, direkte und gelebte globale Solidarität. Das Projekt, das wir gemeinsam betreiben haben wir stolz Global Social Trust genannt.
Das kann man finanztechnisch verstehen, aber auch im Sinne der Schaffung von globalem sozialem Vertrauen. Was wir tun, ist so einfach wie revolutionär in der internationalen Welt der Entwicklungszusammenarbeit. Wir fragen die Arbeitnehmer in Luxembourg, die ihre Soziale Sicherheit bereits erkämpft und aufgebaut haben, einen eigenen Beitrag dazu zu leisten, dass die Soziale Sicherheit in Ghana ausgebaut werden kann. Beiträge können auch von Ortsgruppen, Gemeinden und Unternehmen kommen. Im Kern basiert das Konzept jedoch auf dem persönlichen Einsatz von Arbeitnehmern.
Was hier jeder von uns mit seinen Möglichkeiten tun kann, ist im Prinzip gleich einzuschätzen wie das, was Bill Gates mit seinen Möglichketen in seiner Stiftung tut .
Und wenn man vergleichswiese klein ist, muss man da anfangen, wo es am wichtigsten ist.
In Ghana sterben immer noch mehr als 100 Kinder je 1000 Geburten unter dem Alter von fünf Jahren. Zum Vergleich: in Europa liegt die entsprechende Zahl weit unter 10. Ab Februar, wenn alles gut geht, gehen wir in einen District in Ghana und zahlen allen schwangeren Frauen und jungen Müttern, die es sich sonst nicht leisten können, das Gesundheitssystem in Anspruch zu nehmen, einen bescheidenen monatlichn Beitrag zum Lebensunterhalt (weniger als 10 Dollar pro Monat) wenn sie alle Vorsorgeuntersuchungen während der Schwangerschaft und der ersten fünf Jahre der Kinder in Anspruch nehmen. Wenn es uns gelingt, den Beweis anzutreten, dass wir die Mortalität und die Morbidität der Kinder und schwangeren Frauen herabsetzen können, dann können unsere Kollegen in Ghana soviel politischen Druck erzeugen, dass die Regierung diese Leistung in ihr Sozialsystem übernehmen muss. Und dann können wir den Fall nach Afrika hinaustragen und andere Regierungen überzeugen. Solidarité Syndicale und das BIT sind überzeugt, dass wir an einem ganz zentralen Punkt des Sozialen Systems einhaken und grosse Wirkung erzielen können. Aehnliche Leistungen sind in Luxembourg seit Jahrzehnten erfolsgreich.
Im internationalen Vergleich ist dies sicher ein kleines Projekt. Aber die Grösse ist nicht entscheidend. Die Qualität der Idee ist entscheidend.
Wir hoffen, dass diese Idee der strategischen Hilfe zum Aufbau von Sozialer Sicherheit von Luxembourg aus um die Welt, wenigstens die Gewerkschaftswelt, geht. Wir werden zumindest alles dafür tun, den Kollegen bei der Solidarité Syndicale dabei zu helfen.
Ich schliesse hier in meinen Dank auch ausdrücklich die Regierung von Luxembourg ein, die das Projekt ko-finanziert.
An dieser Stelle ist aber auch ganz persönlicher Dank angebracht. Wir danken Jean Claude Reding und allen Kollegen des OGBL, dass sie den Mut und die strategische Weitsicht aufgebracht haben, sich hier zu engagieren. Wir wissen, dass das nicht leicht ist. Wir wissen, dass das Project mit den unvermeidlichen Problemen der Entwickungszusammenarbeit kämpft.
Ich nenne hier drei Kollegen, stellvertretend für alle, die Ihren Beitrag leisten. Da ist Arsene Engel, der in Accra mit den Herausforderungen von jungen Bürokratien kämpft. Da ist Armand Drews, der "das Ding an sich, zu einem Ding für sich" gemacht hat und das Projekt mit meinen Kolleginnen Karuna und Veronika in engagierter und grosser Entschlossenheit managt.
Und da ist René Pizzaferri, Urgestein der Sozialen Sicherheit, der all das möglich gemacht hat, und an Globale Solidarität geglaubt hat, als uns viele andere nur für bedingt zurechnungsfähig erklärt haben.
Liebe Freunde, und wenn, was man nicht auschliessen kann, alles schief geht - mit der Globalisierung der Idee - , dann werden wir am Ende immer noch etwa 50 Kinder gerettet haben.
Und selbst dann, Kollegen, hat der OGBL und Solidarité Syndicale, allen Grund auf sich stolz zu sein.
Ich will nicht enden, ohne zu sagen, dass alle die mitmachen wollen, sich hier und jetzt sicherlich an Armand wenden können...
Meine Damen und Herren, ich wünsche Ihnen für Ihre weiteren Beratungen hier alles Gute und bedanke mich nochmals.
*) Michael CICHON est Directeur du Département de la Sécurité sociale au BIT (OIT/ILO)
site internet OIT/ILO


Samira KHAYATI, coopérante
Diplômée en Sciences Politiques avec une spécialisation en Relations Internationales appliquées aux Organisations Internationales et Organisations non Gouvernementales, Samira a toujours porté un intérêt profond aux problèmes de la pauvreté. Parallèlement à ses études, elle a travaillé plusieurs années dans le milieu bancaire durant lesquelles, elle fut également bénévole au sein de différentes ONG au Luxembourg. Puis, après une expérience probante de deux années au sein d’un projet de la Coopération Luxembourgeoise au Burkina Faso où elle a contribué principalement à l’accompagnement vers l’autonomie d’une Union de Femmes (1200 bénéficiaires parmi les plus pauvres du pays) et de leurs unités économiques, elle a renforcé, à son retour au Luxembourg, ses connaissances pratiques en effectuant un Certificat Interuniversitaire Développement et Coopération Internationale. Ses différentes expériences acquises durant son parcours universitaire et professionnel, l’ont confortée dans sa volonté de mettre à disposition de la Coopération au Développement ses compétences et connaissances.
Samira a eu un réel coup de cœur pour le projet Luxembourg – Ghana Social Trust dont les bénéficiaires, femmes enceintes pauvres et leurs enfants de moins de 5 ans, sont considérés comme les personnes les plus vulnérables par la Communauté Internationale. Outre le public cible, l’objectif spécifique du projet, à savoir la réduction de la mortalité maternelle et infantile des enfants de moins de 5 ans, sont deux thématiques phares que la Communauté Internationale a défini comme prioritaires en y consacrant 2 des 8 objectifs du Millénaire à atteindre d’ici 2015 (OMD 4 : Réduire la mortalité infantile, OM5 : Améliorer la santé maternelle)1. En effet, la mortalité infantile des moins de 5 ans (115/1000 naissances vivantes au Ghana alors que 3/1000 au Luxembourg)2 et maternelle restent très élevées au Ghana et le projet Luxembourg-Ghana Social Trust, comme projet pilote, en partenariat avec l’Organisation Internationale du Travail (OIT), se donne pour objectif principal la promotion solidaire de la sécurité sociale comme instrument de la coopération durable.
Les femmes et les enfants sont l’avenir de l’Afrique et sans protection sociale de base, c’est tout le développement de ce continent qui est ralenti, voire menacé. Nous, luxembourgeois, comme dans beaucoup d’autres pays, nous travaillons de façon formelle, cotisons mensuellement pour bénéficier d’une protection sociale (dont la sécurité sociale) et en cas de non emploi ou autres situations de marginalisation pouvons bénéficier de systèmes alternatifs pour être soignés gratuitement. Cependant, dans la plupart des pays en développement, très peu de gens ont un emploi formel et les systèmes alternatifs sont rares ou ne ciblent qu’un public bien spécifique, comme au Ghana, à travers le programme national LEAP qui ne couvre que les personnes handicapées ou les retraités.
Ainsi, le projet pilote Luxembourg-Ghana Social Trust qui concrètement se traduit par un « Cash Conditional Transfer », consiste à verser tous les deux mois 30 Ghana Cedis (environ 15 euros) à 706 femmes enceintes parmi les plus pauvres du pays et ce, sous certaines conditions. Ces dernières, sont contrôlées par le coopérant et les partenaires d’implémentation (dont le renforcement des capacités fut l’une des étapes premières du projet à travers la formation) lors des versements des prestations en espèce grâce à la tenue de carnets de suivi et se déclinent comme suit :
• Affilier tout le ménage au régime d’assurance santé afin qu’ils puissent bénéficier de soins gratuits;
• Recevoir les soins pré-et postnataux afin d’assurer un suivi rapproché de la grossesse, éviter les complications et ainsi minimiser la mort des enfants ou des mères ;
• Accoucher dans un centre de santé, encadré par du personnel qualifié afin d’assurer des conditions décentes d’accouchement et ainsi limiter la mortalité maternelle et infantile ;
• Vacciner et suivre les examens de prévention pour tous les enfants et l’ensemble du ménage afin de prévenir certaines maladies endémiques mortelles ;
• Inscrire à l’école tous les enfants en âge d’être scolarisés afin d’assurer une éducation pour tous.
Ce projet est dit « projet pilote » dans la mesure où l’objectif est d’étendre le projet actuel (d’une certaine façon expérimental et qui sert à prouver la faisabilité de l’amélioration de la protection sociale dont notamment la santé) à l’ensemble du pays. Ces conditions, qui visent en priorité la réduction de la mortalité infantile et maternelle, contribuent par extension à la réduction de la pauvreté, peuvent nous paraître évidentes. Cependant sans ce transfert d’argent, ces femmes et l’ensemble de leurs ménages ne pourraient pas couvrir les frais y afférents. Ce projet de « promotion de la solidarité de la sécurité sociale durable » est mis en œuvre grâce aux dons de personnes solidaires des problématiques des pays du sud et plus particulièrement soucieuses de promouvoir le droit à la santé et à la protection sociale pour tous, qui est rappelons le, un droit fondamental inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. De plus, sans le soutien constant de la Direction de la Coopération au Luxembourg, ce projet n’aurait pas pu être mis en œuvre. L’argent récolté au Luxembourg est ainsi versé aux femmes pauvres enceintes, qui non seulement améliorent/augmentent leur chance de survie, celle de leurs enfants et plus largement de leur ménage, mais contribuent également à la création pour ces femmes d’Activités Génératrices de Revenus (petits commerces principalement), externalité positive du projet dont nous sommes fiers ! En effet, il y a corrélation entre niveau de pauvreté et santé comme partout dans le monde : les revenus du ménage de ces femmes bénéficiaires augmentent et par conséquent l’état de santé de tous les membres du ménage s’améliore. Ce cercle vertueux est l’état d’avancement actuel du projet, dont le concept fut crée par notre partenaire direct, l’Organisation Internationale du Travail (OIT), qui facilite l’implémentation au niveau local.
Grâce au travail réalisé par Monsieur Armand Drews, chef de projet, l’ancien coopérant, Monsieur Arsène Engel, des différents partenaires (tripartites), à l’appui de l’OIT, le projet a acquis une vitesse de croisière (techniquement parlant) et rencontre ainsi un grand succès auprès des bénéficiaires. Outre les tâches qui incombent à une coordinatrice internationale dont notamment la gestion du budget, le suivi/évaluation des activités, l’étape ultime et qui consistera un des défis majeurs pour Samira, est d’assurer la promotion du projet auprès des instances nationales, pour un lancement au niveau national de ce dernier, afin que le plus grand nombre de personnes vulnérables puissent bénéficier d’une protection sociale. Ce projet pilote travaille en étroite collaboration avec un centre de recherche ghanéen et finance les études nécessaires de suivi et d’évaluation d’impacts, indispensables pour conforter scientifiquement le bien fait du projet et la pertinence d’un lancement au niveau national.
L’excellente relation entretenue entre les collègues du Luxembourg dont notamment Monsieur Armand Drews, chef de projet, les bénévoles actifs et la nouvelle coopérante, coordinatrice du projet à Accra, Mlle Khayati Samira, laisse présager un bel avenir dans la continuation des activités et son extension au niveau national. Ce projet exemplaire est cité comme projet de référence dans le Rapport Européen de Développement 2010 « Social Protection for Inclusive Development »3, après seulement deux ans d’implémentation alors qu’il ne s’agit que du premier projet mis en œuvre par notre jeune ONG. Le dynamisme, la motivation, l’engagement et l’expérience font que Samira a trouvé rapidement sa place au sein de l’équipe du Luxembourg. Sa facilité d’adaptation lui a permis également de s’intégrer avec aisance à l’équipe terrain. Nous sommes sûrs que Samira mettra toute son énergie au service de l’atteinte de l’objectif du projet, à savoir fournir une protection sociale aux plus démunies et ainsi diminuer la mortalité infantile et maternelle.
Pour plus d’information sur le projet « Luxembourg – Ghana Social Trust » et les autres projets, cliquer sur le lien suivant : site internet OGBL Solidarité Syndicale
1) http://www.un.org/fr/millenniumgoals/
2) Sources : UNDP/UNICEF 2009 – année 2007
3) http://erd.eui.eu/erd-2010/final-report
